Amis
des délires bizarroïdes flirtant entre le jazz-rock et le progressif
directement importé des années 70's, French TV vous propose une musique
essentiellement instrumentale fort bien inspirée et, comme l'entrée en
matière ci-dessus l'indique, tout aussi inaccessible.
Construite
autour de dissonances et rythmiques bancales, cette galette renferme de
belles perles qui ne manqueront pas d'attirer l'oreille des fans de
Frank Zappa, Soft Machine, King Crimson, Mahavishnu Orchestra, ou même
After Crying dans l'utilisation faite ici des instruments classiques
(cuivres, flûte et violons en particulier).
Mais il serait
injuste de réduire French TV à une simple folie passagère de quelques
musiciens en mal de sensations fortes, musicalement parlant. D'abord
parce qu'en matière de folie passagère, il convient tout de même de
signaler qu'elle dure depuis 1984. Ensuite parce que tout au long des 5
morceaux qui composent cet album, de régulières pauses mélodiques sont
accordées à l'auditeur. Ainsi, je ne saurai que trop recommander le
"Ska Face" alternant génialement les rythmes que son nom suggère, la
mélodie "festive" et des breaks ou soli parfaitement improbables.
Malheureusement,
si l'auditeur y trouvera forcément son compte, je ne peux m'empêcher de
penser qu'il s'agit là encore d'un groupe qui doit être d'un talent
incomparable sur scène mais dont les albums risquent fort de ne
rencontrer qu'une audience limitée, tant l'effort nécessaire est
important avant d'apprivoiser l'objet.
Leur public leur est
certainement très fidèle, n'en doutons pas. En revanche, le chemin pour
entrer dans la tête de ces musiciens est semé d'embuches qu'il ne vous
reste qu'à franchir pour atteindre le plaisir des oreilles promis au
bout.
-----PROGRESSIVE WAVES; © Batric
French TV: Pardon Our French (2004) --(Pretentious Dino) Enregistré par French TV
01 – Everthing Works In Mexico
02 – Sakala Dan Niskala
03 – The « Pardon Our French » Medley
04 – Tears of a Velvet Clown
05 – When the Ruff Tuff Creampuffs Take Over
Les barjots de French TV sont de retour ! Au rythme d’un album tous
les deux ans depuis quelques années, et après plus de deux décennies
d’existence, les Américains continuent d’enrichir leur musique avec
succès puisque chaque disque est meilleur que le précédent. Ainsi,
comme nous l’avions remarqué au sujet de leurs deux derniers albums en
date, The Case Against Art et The Violence of Amateurs, la formule
instrumentale et entièrement dédiée à toutes les formes de progressif
connues et imaginables ne cesse de se développer. Sorte de pot-pourri
d’influences
progressives années soixante-dix, de jazz rock, voire de world-music,
French TV s’impose avec Pardon Our French, son huitième album, comme un
incontournable acteur de la scène progressive mondiale !
Répartie en cinq longues pièces, cette heure de musique fait voyager
comme peu de disques sortis depuis le début de l’année, et savoir que
ces morceaux tortueux et très chargés sont enregistrés par quatre ou
cinq musiciens tout au plus plonge dans une grande perplexité ! «
Everthing Works In Mexico » débute sur une introduction toute
genesisienne, qui mène à un break de trompette rappelant le titre du
morceau, avant un final d’anthologie digne de la furie d’un Magma. Sur
« Sekala Dan Niskala », ce sont des atmosphères beaucoup plus ethniques
qui sont
abordées par French TV : une
sorte d’exercice de style où violons, instruments à vents, et
percussions diverses s’entrechoquent avec la virtuosité d’un Univers
Zero, et où les changements de rythmes sont abordés avec dextérité (le
passage atmosphérique et mélodique central s’ouvrant, par exemple, sur
un solo de guitare déchaîné, grâce à une succincte mais ingénieuse
montée en puissance).
C’est désormais une tradition : French TV ne cache pas ses
influences, et revendique même le fait de composer de vrais patchworks
dédiés à la musique qu’il aime. Il était donc temps pour le groupe de
faire honneur à son nom, et après avoir repris Samla Mammas Manna sur
The Violence of Amateurs, Mike Sary et ses compères nous proposent un «
méga-medley » de nombreux groupes français ayant participé à la scène
progressive française des seventies. De qui parle-t-on ? D’Ange bien
sûr (« La Bataille du Sucre »), de Pulsar, Shylock, Carpe Diem, mais
aussi d’Atoll ou
d’Etron Fou. Autant de références pointues et de choix de morceaux
judicieux qui sont bien la preuve de l’amour inconditionnel de French
TV pour le progressif de cette époque. Perfectionniste, le groupe
invite même Nathalie Gilbert pour assurer le chant dans sa langue
d’origine (la nôtre !). Malgré son nom, elle possède un accent
américain tout à fait charmant ! En vingt minutes de thèmes entrelacés
et de passages épiques (les morceaux de Shylock et Carpe Diem sont
mixés entre eux), et une réelle réappropriation de ce patrimoine
(détenu par Muséa, qui a autorisé cet enregistrement), on en vient à la
conclusion que les Américains viennent peut être là de signer la
reprise de l’année, pour ne pas dire plus ! C’est ensuite à huit
musiciens que le groupe délivre le brinquebalent « Tears of a Velvet
Clown », morceau doux-amer, entre kermesse jazz malsaine et belles
envolées violons/guitares. Et le groupe de terminer par un titre bien
fou, « When The Ruff Creampuffs Take Over ».
Plein de second degré et de « private jokes » à l’attention de
l’amateur passionné, Pardon Our French est une déclaration d’amour au
progressif en même temps qu’une expérience musicale d’une richesse
rare. Le talent de French TV ne peut être ignoré plus longtemps !
Originalité : 7
Interet : 8
Production : 8
Note globale : 8
Julien Monsenego/PROGRESSIA
FRENCH TV - PARDON OUR FRENCH !
(Pretentious Dinosaurs, 2004, USA, 60'14)
FRENCH TV, formation particulièrement inclassable est pourtant à
retenir pour sa fulgurante originalité et son abord iconoclaste de la
musique. Aux racines jazz-rock du groupe, s'ajoute une ambition
expérimentale indéniable ainsi qu'une volonté d'incursion dans d'autres
territoires musicaux, tels le classique et le contemporain. C'est
d'ailleurs dans cette optique que peut être entendu le premier titre de
ce 8ème album, "Everything works in Mexico". Guitare acoustique
hispanisante, rythmes jazz-rock déjantés, la musique de FRENCH TV
possède parfois, également, grâce
aux claviers une véritable ampleur orchestrale. Pour "Sekala Dan
Niskala", le groupe n'hésite pas à faire une incursion dans la musique
indienne, à grand renfort de tablas, sans oublier son jazz illustré par
l'emploi de la clarinette, des saxophones et de la flûte (WARREN DALE).
Pour le "Pardon our French medley", FRENCH TV a choisi d'accentuer
encore son culte de la dérision et du second degré, de la parodie avec
l'inclusion d'un récitatif en Français, pas toujours très audible ni
très compréhensible d'ailleurs, mais l'essentiel est ailleurs, c'est ce
culte de la dérision que le groupe affectionne et qui fait une bonne
part de son charme. Ne vous y trompez pas : les musiciens de FRENCH TV
sont tous hyper compétents sur leurs instruments, dont ils usent de
manière souvent inspirée et inhabituelle. Ainsi CHRIS SMITH, qui tient
les guitares électrique, acoustique et classique, le violon électrique,
la viole, le violoncelle, la mandoline et le banjo fait preuve d'un
talent protéiforme étonnant, tandis que WARREN DALE qui tient les
claviers, saxophones, la clarinette, la flûte, la basse, l'accordéon
assume lui aussi un bel éclectisme instrumental. MIKE SARY est
responsable de la majeure partie des lignes de basse et joue également
des claviers, tandis que JEFF GARD tient les baguettes. Incluant
parfois certaines tonalités typiquement crimsonienes (les parties de
guitares), la musique de FRENCH TV, très éclectique apparaît en
perpétuelle évolution/mutation, en perpétuelle recherche d'équilibre
entre de brèves séquences plus climatiques et des moments plus
enfiévrés, drivée par un ensemble de rythmes complexes et enrobée
d'arrangements originaux et ambitieux. A ce titre elle mérite
éminemment l'appellation contrôlée progressive, au sens étymologique du
terme, bien davantage que nombre de ses contemporains. Merci FRENCH TV
d'exister! (***1/2) ----Didier GONZALEZ/Highlands Magazine 26, Novembre 2004
 | Auteur / Groupe : French TV
Titre : The Case Against Art
Parution : 2002
Genre : Rock Multi-genre
Support : CD
Label : Pretentious Dinosaur Records
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fonction depuis plus de 20 ans, French TV semble avoir trouvé le chemin
qui mène à la reconnaissance. Formé en 1983 autour du bassiste Mike
Sary, "The Case Against Art" est leur 6ème album et nous allons voir
que l'alchimie qui y règne me pousse à m'incliner devant ce combo plein
d'originalité. Les 13 musiciens qui participent à l'aventure donnent un
bon aperçu de l'ouverture musicale que le Progressif propose parfois.
L'excellent
"That Thing On The Wall" qui ouvre l'album nous fait découvrir une
fusion entre Zappa, Happy The Man, Uk ou King Crimson. La construction
complexe et assez décousue n'enlève rien à la qualité du titre qui
oscille entre Jazz-Rock et lyrisme déjanté emprunt d'humour. Si
l'auditeur n'est pas hostile aux élucubrations musicales, il tombera
inexorablement sous le charme de ce morceau fantastique qui se démarque
de la production actuelle en puisant son inspiration dans le vivier
Progressif des 70's.
Avec sa flûte, "Viable Tissue Matter", plus
aérien, nous entraîne dans des contrées méditatives jusqu'à
l'accélération rythmique austère ou tout les musiciens semblent pris
d'une soudaine bouffée délirante. Le bassiste chorus sur un riff de
guitare rageur et j'avoue que cette partie ne ressemble à rien.
Perplexité quand tu nous tiens...
La suite de l'album enchaîne
souvent avec réussite les break zappaiens, les ambiances planantes
spectrales et les chorus décalés. Mais il est une chose que l'on ne
peut enlever à French TV, c'est son originalité. On passe allègrement
du pur Jazz-Rock à la musique de cirque, du pur Progressif aux chorus
expérimentaux, tout cela sans concession.
"The Case Against Art"
est révélateur d'une démarche personnelle et exclusive. Cet album est
destiné aux amateurs de nouvelles sensations à l'esprit ouvert. Ici il
n'est pas question de mélodies qui caressent l'oreille mais, le propos
de ce disque quasi instrumental relève davantage d'un goût pour
l'exploration musicale. Si vous voulez vous plonger dans un Univers
fantasmatique, tentez l'expérience, votre curiosité sera récompensée.
----PROGRESSIVE WAVES; © Defnael |
French TV The Case Against Art (2001) --(Pretentious Dinosaur) Produit par French TV
01 – That Thing On The Wall
02 - Viable Tissue Matter
03 – Partly The State
04 – One Humiliating Incident After Another
05 – Under The Big W
Deuxième chronique dans Progressia pour ce groupe du Kentucky, The
Case against Art est le dernier album en date de French TV dont
l’hilarante biographie par Mac Beaulieu, qui ravira les amateurs
d’absurde et de bons mots, occupe l’essentiel du livret.
The Case Against Art constitue un glissement du groupe depuis
l’hémisphère purement progressif vers une musique encore plus
personnelle, plus diverse. Les guitares se font plus saturées par
moment, et le tout est plus accessible, avec une grande attention
portée aux mélodies. Zappa est peut être l’influence qui ressort le
plus. Cet album est donc un kaléidoscope inclassable, qui régalera ceux
d’entre nous qui aiment jouer au « jeu des références », tant French TV
s’amuse à aborder des styles différents.
Bien que la finesse des arrangements et la technicité de l’ensemble du
groupe de Mike Sary soient toujours bien présentes, le disque est un
patchwork : « Viable Tissue Matter » est un long titre purement
progressif et très romantique, avec des claviers vaporeux que l’on
croirait sortis de Genesis, « Partly The State », composé par le
chanteur Cliff Fortney pour Happy The Man, rappelle la grande influence
de Soft Machine et de son esprit mi-barré mi-mélodique sur French TV. «
That Thing on the Wall » et « Under Big W » sont quant à eux plus
expérimentaux, proches du rock in opposition. Un équilibre assez
précaire donc, mais qui devient de plus en plus personnel avec les
années. Une longue carrière jalonnée de pratique de la scène et en
studio permettent à French TV d’afficher leurs ambitions, avec une
production très réussie pour une réalisation indépendante.
On ressort de ce voyage revigoré par tant de fraîcheur et d’humour, car
il ne fait aucun doute que French TV est avant tout une expérience
ludique qui, mêlant de nombreuses références, laisse à l’auditeur le
plaisir de les redécouvrir. Un disque pour amateurs donc, et le
meilleur de French TV à ce jour.
Originalité : 7
Interet : 6
Production 6
Note globale : 6 - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
- - - - - - - - - - - - - - - ---------------Julien
Monsenego/PROGRESSIA
FRENCH TV-THE CASE AGAINST ART
54:47-USA 2002 - Style: RIO/Symphonique - Cotes: DP3-DR4-SH3-DG5
Je débuterai cette chronique par une lapalissade que La Palice aurait
très bien pu lapalisser s'il avait connu FRENCH TV: "Si l'anormalité se
fait normalité" . Si quelque chose vernait à vous étonner dans la
musique de FTV, ce serait un long passage "classic prog", car chez eux
tout le temps. Lorsque l'on pénètre dans leur monde, tout devient
normal, l'inimaginable se concrétise devant vous. FTV est à la musique,
ce que Lewis Carroll est à la littérature. Toute resemblance avec un
autre monde ne serait que purement fortuite et indépendant de la
volonté de l'auteur. Ceci est tellement vrai qu'un FTV ne resemble même
pas à un autre FTV. Car FTV est le seul groupe de prog qui évolue plus
vite que son ombre.
Et pourtant, et pourtant la musique de FTV est très accessible
(rappelez-vous nous sommes dans un monde où ce qui est anormal n'étonne
pas). A l'image d'un livre de Lewis Carroll, qu'un enfant peut
savourer, cette musique est garantie sans prise de tête et
contrairement à certains disques de RIO, THE CASE AGAINST ART peut être
passé en boucle sans danger pour votre réserve d'aspirine.
Et pourtant, et pourtant French TV est aussi à la musique, ce que les
pâtes Lustucru sont à la cuisine: riche. Tous les styles sont de la
revue: prog, prog-metal, fusion, jazz-rock, zeuhl, folk, parfois même
ce sont de courts fragments de ces styles qui s'enchaîntment. Les
mélodies, contre-mélodies, syncopes, cadenses, break, contre-breaks,
harmonies et dissonances se combinent, des séquences qui ne semblent
avoir rien de commun entre elles se succèdent naturellement...et ça
passe comme du papier musique a la poste.
Le mot banni du vocabulaire de FTV: Répéttition. La Constance dans leur
style: Oser le change-ment, l'évolution, la progression. Ce mot d'ordre
de Mike Sary s'applique également à son groupe, puisqu'il invite
constamment de nouveaux musiciens à rejoindre son monde (ici il se pale
entre autres Cliff Fortney le premier chanteur/flûtist de Happy the Man
et Warren Dale & Chris Smith de Trap). Ce qui a évidemment pour
résultat de teinter ses créations d'une couleur différente. THE CASE
AGAINST ART est plus symphonique que les présédents opus et l'humour y
est moins présent. Les longues interventions de la flûte pastorale et
mélodique, la tendresse du violon, les teintes plus sombre du saxo, qui
s'ajoute au style "fusion meets RIO" des précédents opus, donnent un
cachet tout particulier à cet album. Les cinq compositions sont touts
trés différentes les unes des autres, bien entendu, mais toutes
présentent cette alternance de complexité tempérée, de fausse
simplicité, de tension et décompression. La reprise de Partly the State
de Happy the Man est un maître du genre.
Si vous chercher un ventre mou sur cet album, vous n'en trouverez qu'un
dur comme un genou ou un cailou, et en vérité je vous le dis cet album
est un vrai bijou. Un classique.
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - Dominique Genin/ PROG-RESISTE
French TV- The Violence of Amateurs (1999) (Pretentious Dino) Produit par French TV
01 – The Kokonino Stomp
02 - The Secret Life of Walter Riddle
03 – The Odessa Steps Sequence
04 – Mail Order Quarks
05 – Tiger Tea
06 - Joosan Lost / The Fate
Voici un groupe des plus originaux, fondé en 1983. Ces Américains ont
derrière eux sept albums et une réputation assez flatteuse de
touche-à-tout du progressif. Néanmoins, à l’écoute de The Violence of
Amateurs, on a le plaisir de constater que l’ensemble reste assez
cohérent, et surtout très fluide. D’une manière générale, on pourrait
dire que French TV perpétue l’esprit Canterbury, avec une approche «
free » et une certaine influence jazz. Cet album, paru en 1999 mais
parvenu à la rédaction cet été, mérite que l’on s’y arrête, de même que
The Case
against Art, sorti en 2002. Ce disque est une occasion pour le groupe
de nous monter sa facette activiste. En effet, French TV est un groupe
pour le moins engagé, qui n’hésite pas à insérer dans le livret un long
article vindicatif contre les Républicains et leurs préjugés, sans
parler des statistiques expliquant comment renflouer le budget de
l’éducation américaine en respectant les engagements du gouvernement en
matière d’armement nucléaire… French TV annonce la couleur !
Sur ce disque, et c’est la première surprise, on trouve deux reprises :
« Odessa » de Volare, avec la participation du claviériste dudit groupe
Patrick Strawser, et, « Joosan Lost / The Fate », un pavé de 20 minutes
de Samla Mammas Manna, groupe suédois des années soixante-dix. Ce
dernier titre constitue d’ailleurs l’une des bonnes surprises du disque
avec un thème principal à la Transatlantic et une partie centrale
expérimentale du meilleur effet.
A la première écoute, le reste semble partir dans tous les sens : « The
Secret Life of Walter Riddle » ressemble à une musique de générique TV
des seventies version rock in opposition, « The Kokonino Stomp » sonne
comme du Soft Machine augmenté de bruitages incongrus, etc. Néanmoins,
« Mail Order Quarks » et « Tiger Tea» sont plus orthodoxes et
constituent une véritable ode à Genesis avec instruments à vents et
cordes, et dans une moindre mesure à King Crimson.
En bref, The Violence of amateurs balance entre références progressives
pures et dures et rock in opposition, par définition plus barré. Cet
album ne pourra donc s’attirer les faveurs que de ceux qui possèdent
une grande « tolérance » musicale, et sont prêts à tenter le grand
écart !
Originalité : 6
Interet :5
Production : 6
Note globale : 5 - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - -Julien Monsenego/PROGRESSIA
FRENCH TV -The Violence of Amateurs (Pretentious Dinosaur Records)
Il existe dans le petit monde progressif quelques groupes un peu à
l’écart. FRENCH TV fait partie de ceux-là. Américain, le leader Mike
Sary, bassiste de son état, partage les compositions avec le guitariste
Dean Zigoris. Ce noyau dur est entouré de nombreux musiciens pour
former cet ensemble volontairement hétérogène. Les maniaques du
rangement à tiroir n'ont plus qu'à passer leur chemin. Ici, on parle de
musique au sens large, toutes tendances confondues. Je ne vais pas vous
en dresser la liste complète, sachez simplement que tout cela tourne
quand múme
autour du jazz-rock. Mais là j'ai peur d’être trop réducteur. Bon,
oubliez tout ce que j'ai dit... Les six titres qui constituent cet
album n'ont pratiquement aucun point commun sauf justement celui de
brouiller les pistes. Outre les compositions Sary et Zigoris qui sont
des petits chef-d’êuvre de musique progressive (changement de style, de
rythme et tout cela dans un esprit totalement subversif), on trouve
deux reprises : la première est signée Patrick Strawser, claviériste du
groupe VOLARE, et constitue peut-útre l'angle le plus standard du
disque, car elle s'inscrit assez bien dans la lignée de l’école de
Canterbury. Quant à la seconde, qui est l’êuvre du groupe suédois SAMLA
MAMMAS MANNA et qui fait ses vingt minutes bien tassées, elle illustre
l'aspect expérimental de FRENCH TV. Et ce n'est justement pas un hasard
si celui-çi a pris la décision de reprendre du SAMLA, car après
l’écoute d'un tel disque, on pourra assez facilement se rendre compte
que ces deux groupes ont le múme gout pour l'anticonformisme. Et c'est
d'autant plus remarquable que les musiciens de FRENCH TV sont
Américains et qu'ils ne sont pas forcément obligés de détester la
société américaine (surtout celle de la génération Reagan). A mon avis,
ils sont contre la mondialisation libérale et la pensée unique et les
moyens qu'ils utilisent dans leur lutte sont extrêmement agréables à
nos oreilles !P.R.
FRENCH TV 6: The Violence of Amateurs Pretentious Dinosaur -1999
Aprés quunze années de bans et
loyaux services, il etaít temps que la bande A Mike Sary nous offre
enfin un album digne de son (n'ayons pas peur de le dire) immense
talent. Jusqu'alors, bien qu'excellents, ses albums nous laissaient
quelque peu stir notre faim. Outre des problémes récurrents lié á une
instabilité chronique du line-up, notre insatisfaction totale résultait
en fait de la forme donnée à une telle créatvité Celle-ci-se trouvait
quelque peu figé dans unparti-pris fusion jazz-rock du moins à ses
débuts, et des expérimentations sonores sans grand interet (c'est
souvent un pléonasme? Mais le groupe, avec son dernier album studio
Intestinal Fortitude(maigré un essai peu concluant dintegrer des
passages chantés) et surtout son successeur Yoo-Hoo!!!(live), qui nous
propoasit des versions transfigurées (natam-ment par la guitare de
Zigoris) de classiques du combo american, notis avaient laissé
entrevoir l'espoir dune musique assurmant enfin totalement sa dimension
déhiranteet non conformiste.
"The Violence of Amateurs" est non setilement le meilleiur album
de French TV à ce jour, mais aussi un des melleurs que j’ ai eu
loccasion d'écouter. C'est une musique assez inclassable, qui ne
correspond à aucune orthodoxie progressive en viguer, si ce n'est peut
être une filiation incertaine avec le courant dit "de Canterbury", en
sommeil depuis 1977, auquel le défunt Volaré avait essayé de donner une
filation îl y déjà trois ans (On ne s'étonnera donc pas de la présence
sur trois morceaux de la prAsence du batteur de la forma-tion d’
Athens, à l'éclairaqe des liens extra-musicaux qui unissent les deux
formations). En effet on y retrouve cette volonté d’ allier des
passages instrumentaux complexes. parfais jazz. parfois plus RIO, voire
carrément alambiqués et teintés dune forte ironie, d'un second degré
qui s'exprime notamment dans 1’ intitulé des morceaux et par certains
clins d’ oeils (bruiatages...).
La cohérence qualitative qui unit cet album est vrai miracle car
aucun des 6 compositions ne s'engage dans la mêine direction musicale.
De plus, il contient deaux reprises (c'est us peu la spécialité de
French TV, qui s'avére étre un acteur récurrent de tous les á tribute')
et pas mains de 4 formations differentes y participent. Mais il seimble
qu'avec Dean Zigoris (guitariste, arrangeur et auteur de deaux
compositions). Mike Sary ai enfin trouvé un collaborateur capable de
canaliser la créativité de son bouillonnant bassiste.
Du big band "migusien" déjanté de "Tiger Tea", en passant par
l’ébourrifant "Joosan Lost/The Fate" (en version réspeedée) de Samla
Mammas Manna à la BO. de séire B de "The Secret Life of Walter Riddle".
on ne peut que rester estomaqué par tant d’ energie et de créativité.
Non seulement, French TV se permet de s’ émanciper de tous carcass
stylistique mais il se permet aussi de nous donner une belle leçon en
prouvant que les musiques progressives peuvent encore évoluer, exister
sans tomber dans les dérives commerciales de Spock's Beard ou Flower
Kings ou
dans "les musiques nouvelles". Voila en taut cas un album qui fera date
dans l'histoire progressive, car voila la meilleure preuve de la bonne
santé retrouvée de notre mouvement.
-----Olivier Pautonnier BIG BANG
FRENCH TV - THE VIOLENCE OF AMATEURS
Deux ans après "Yoo-Hoo",
dernier album en date d'une série de cinq, FRENCH TV continue son
impressionnante expérimentation de tous les courants progressifs
réputés difficiles. Une alchimie d'hurluberlus qui n'en sont pas moins
d'excellents compositeurs doublés d'instrumentistes exceptionnels,
capables de fomenter des attentats sonores a faveur d'inspirations
ravageuses. Pêle-mêle, King Crimson, Magma, Zappa et tous tes
sous-fifres du courant Rock In Opposition, voire tes échappés de
Canterbury se coltinent dans un labyrinthe où la mélodie n'a pas droit
de cité. Il faut du coeur au ventre et un état d'esprit particulier
pour savoir apprécier les circonvolutions dissonantes et parfois arides
de Mike Sary et ses séides. Depuis quinze ans d'expériences musicales
qu'on ne peut plus taxer de jazz-rock, terme trop réducteur, FRENCH TV
s'est abonné au cáble et propose une multitude de chaines neuves à son
vélo ! Une production qui rend honneur à l'inventivité de ses membres,
en particulier te batteur Brian Donohoe, échappé de Volaré et Dean
Zigoris, guitariste et trafiqueur d'ambiances comme c'est pas permis.
FRENCH TV s'autorise néanmoins des échappées dans un monde plus proche
du progressif classique, comme "The Odessa Steps Sequence" ou "Mail
Order Quarks" et ça fait du bien!
Grand inconnu de la scéne progressive ou presque, dû a l'accés
déticat de son univers, FRENCH TV peut (et doit !) avec ce sixième
album, conquérir un nouveau public, plus axé jusque là sur la facilité
mélodique. Les Américains n'ont jamais été avares d'energie ni de
puissance, ils gardent encore quelque second degré dans certains thémes
mais accédent à une épure de leur style antérieur et peuvent étre
reconnus comme les grands qu'ils sont devenus avec cet album,
certainement le meilleur parce qu'il est livré avec le mode d'emploi...
------Bruno Vermisse/HARMONIE
FRENCH TV: The Violence of Amateurs (Pretentious dinosaur -65:55 - USA 99)
Style: Canterbury/RIO/Fusion/Zeuhl
Dans le style "plus créatif, tu meurs" nous revoici FRENCH TV avec
sa derniére galette. Sixiéme CD déjà leur actif, le second va bientät
étre réédité par Mellow Records, le 5, tot présenté dans le no. 14.
Comment vous décrite ce son qui se veut original, engendré par des
musiciens hors pairs qui ont pour objectif de se démarquer de toute
autre production et qui naviguant àvue, sans compas dans un univers
sonoré multidimensionnel?
Comment décrire cette album? Disons que s'il s'agissait dune
coulaur ce serait un arc-en-ciel; si nous avions affaire un animal ce
serait le caméléon; un homrne, Raymond Devos; un objet, un couteau
suisse; un peintre, Chagall; un magazine, Charlie Hebdo; un film, Le
graal du Monty Python; una revue de prog, Prog-resiste (m'tin quel
journal).
Les instruments utilisés sont bien évidemment multiples. A côté
des claviers-guitare-basse-batterie classiques, nous avons droit aux
stick Chapman, flûtes et saxes en tout genres, banjo, clarinette,
violon, vio loncelle, synthés, guitare-midi, claviers analogiques,
percussions et bruitages en tout genres.
Les tendances et sources dinspirations viennent dun Canterbury
influencé par Zappa, Gentle Giant, Genesis première epoque. Magma,
Ozric Tentacles,.. Ce qui produit un RIO symphonique & tendances
néo classique et Jazz fusion (en gros)!
French TV nous fait faire ici plus quun voyage en progressif, cest
une véritable aventura que cas musicians nous font vivre, Nous avons
d'abord droit & du RIO complexe at original oú FTV na cassa de
changer de thémes, de rythmes, dharmonisations. Le premier marcaau ast
un maîtra du ganre base sur un théme introduit par les cuivras et suivi
par une longue série de soli (guitares, claviers, flûte). Le second est
basé sur un théme du type Chicago premier album et sow tenu par une
section rythmique puissanta. Du RIO dans touta sa splandaur qui part
dans tous les sans
tout en restant tres accessible et plein d'humour (peux pan dire qum
RIO zéclats, il faut prendre quand méme les humoristes au sérieux). Le
troiséme morceau nous emmène dans des contrées "un peu néo" (tout est
relatif !) et tranchamant symphonique avec des claviers du style
Vidales (Cast). Vient ensuita une composition plus éthérée qui parfois
(alt allusion a Soft Machine, flutes, clarinette violoncelles, guitare
acoustique sont au rendez-vous. La cinquérne composition nous présente
du RIO virtuosa at constamment en mouvement, avec des allusions King
Crimson, penode discipline brèves allusions, an passant, aux Doors.
L'album se termine sur une interprétation des plus originale dune
composition des Suédois de Zamla Mammas Manna dans un style mélangeant
le syrnphonique, la métal progressif et la jazz fusion, nan que ça.
Ce mélanga de différents genres est unique. On pourrait reprocher
àcette musique sa trop grande diversité ou un manque d'unité si
l'originalité, l'humour, la surprise qu'elle suscite ne jouait un rôle
unificateur à merveille.
Où serons-nous dans dix ans si nous nous laissaris guider par de tals groupes?
Assurément dans la lime.. at sans changer de costume!
-----------------------------------Dominique Genin/PROG-RESISTE
FRENCH TV : THE VIOLENCE OF AMATEURS (Pretentious Dinosaur, 65:59, USA, 1999)
Le sixième album du groupe de
MIKE SARY n'est pas è proprement parler synonyme de facilité. Il
explore, toujours davantage les voies d'un avant-gardisme
définitivement colors par un jazz-rock (cette appellation "contrôlée"
a-t-ella véritablement un sens, ici?) aux consonances aventureuses,
parfois aux confms du funk (on songerait parfois volontiers a MILES
DAVIS). Une musique volontairement éclatée, déstructurée, en un mot:
souvent déconcertante. C'est un fait: la musique de FRENCH TV ne flatte
pas volontiers l'oreille, cultivant davantage les sonorités
dérangeantes et la dissonance est ici erigee en dogme. Chorus de
saxophone déjanté, une batterie produisant des rythmes atypiques
(souvent frénétiques), on n'est parfois pas loin du free-jazz (dans The
Secret Life of Walter Riddle notamment). Il semble totalement
impossible que les amateurs de FRANK ZAPPA restent insensibles &
cette forme musicale débridée, a ce culte de l'auto-dérision (que
partage, avec lui son compatriote MIKE KENEALLY). Préférence va
naturellernent aux compositions où les séquences de claviers de JOHN
ROBINSON sont davantage dorninantes ("The Odessa Steps Sequence", par
exemple). La musique y apparalt plus cohérente et surtout, plus
immédiatement appréhendable (pour le commun des mortels), tout en se
montrant tout autant aventureuse et percutante par le biais de joutes
de synthétiseurs et de guitares électriques réellement passionnantes. 5
compositions dépassent les 8 minutes, tandis que Tiger Tea culmine à
12:13, et Joosan Lost/The Fate à 21:40. Ensuite, la musique est ici
(et, ce depuis les debuts du groupe) totalement instrumentale. Les
envolées de flûte sur un mode mineur succédent à de subtiles touches de
guitare électrique aux consonances jazzy, tandis que le groupe utilise,
également et à point nommé le xylophone. L'approche des claviers
eux-mêmes apparaît souvent percussive et renforce l'impact rythmique.
Oui, la musique interprétée est foncièrement dynamique. (D'alleurs,
entre nous avec un tel nom d'alburn, vous vous en doutiez, non?)
Quoiqu'il en soit, ne cherchez rien d'académique dans la musique de
FRENCH TV: vous y perdriez votre latin. MIKE SARY, le
bassiste/concepteur/maître d'oeuvre fait partie de la trempe de ces
artistes qui ont une vision musicale dont la dimension et l'originalité
force le respect. On se doit de saluer son éclectisme autant que sa
cohérence. Car la musique de FRENCH TV est de celles qui redonne ses
lettres de noblesses au progressif. Simplement indispensable (****).
------Didier Gonzales/HIGHLANDS
FRENCH TV-THE VIOLENCE OF AMATEURS
Le group French TV est un vicux
routier. Avec maintenant six albums, cette formation originaire de
Louisville, Kentucky, est devenu l'emblême du "Do-It-Yourself " dans le
monde progressif. J'aime beaucoup French TV, surtout leur disque en
spectacle "Yoo-Hoo". Mais jamais je n'auraise cru que la bande de Mike
Sary puisse un jour enregistrer un chef-d'oeuvre comme "The Violence of
Amateurs".
French TV, c'est surtout le bassiste Mike Sary et le guitarist
Dean Zigoris. John Robinson (claviers) compléte le noyau de la
formation, autour duquel gravitent plusieurs musiciens: le batteurs Bob
Douglas, Brian Donoboe (de Volaré), et Chris Vincent, le flûte et
saxophoniste Greg Acker, le claviériste Jon Encifer, la violiniste
Cathy Moeller et même Eugene Chadboume qui y va d'un solo de banjo
typiquement "chadbournien" sur la premiere piéce.
The Violence of Amateurs débute par "The Kokonino Stomp", une
danse pour épileptiques victimes de la tourista. En un peu moins de
cinque minutes, French TV réussit dire plus de choses que tous lea
disques de Genesis réunis. La folie furieuse, cette piéce! Rythme
endiablé, qui change constamment et une mélodie tout casser. "The
Secret Life of Walter Riddle" est encore pire! Sous un fil stylistique
qui rappelle les films de détective, une orgie sonore se déploie,
passant du swing à la musique de cirque au dessin animé. "The Odessa
Steps Sequence" procure une pause
en ramenant l'auditeur vers un progressif plus "standard". Une reprise
de Volaré (avec leur batteur original), "Odessa" transende la version
originale. Superbe. "Mail Order Quarks" commence comme une ballade
fusion, mais se transforme rapidement en une version de Hawkwind...ou
quelque chose du genre. "Tiger Tea" nous plonge en plein calypso
pendant 90 secondes, après quoi la pièce prend un virage progressif à
gauche, la premiére d'une longue série de mutations. En fin parcours,
on trouve "Joosan Lost/The Fate", une fabuleuse reprise des Zamla
Mammaz Manna.
Ce disque est une sublime synthèse de tout ce que le progressif
d'avant-garde peut être: complexe, singulier, rigolo, subversif. Comme
pour tous les disques de French TV, le livret de The Violence of
Amateurs contient des statistiques sur les dépenses militaires
américaines. En plus, on a droit à une nouvelle d'anticipation dans
laquelle French TV est la vedette du jour et les belles jeuncs femmes
se balladent en Jeep en éoutant Attahk de Magma à plein volume. Le
paradis sur terre, quoi. Comme ce disque, d'ailleurs. Ma plus haute
recommendation.
1999 François Couture, tous droits réservés. RADIO QUEBEC CFLX, "DELIRE MUSICAL"
FRENCH TV 5-LIVE:YOO-HOO!!!
Aprés trois albums déja, void le
temps du "live" pour ces américains déjantés. dont a moindre chose que
l'on puisse écrire est qu ils ne se prennent pas au séiieux De la
pochette, qui représente des spectateurs tête de cochons fuyant la
salle de concert en se pinçant le nez, au titre (qui précise quon ne
rembourse pas) en passant par la musique, on nage en pleine
auto-dérision. Musique légère, alors ? On est trés loin du compte. Si
je vous décris cette musique comme une sorte de Canterbury la sauce
Gentle Giant. jen vois frémir certains d'ici. Changements de rythme
incessants, contrepoints, cassures, j'en passe et des plus tordus. Mais
là où ça devient vraiment intéressant est que cette musique, grace ce
cäté humoristique. tellernent difficile rendre musicalement, reste
légère et très abordable. Totalement instrumentale, la musique est
impressionnante de variété et la cohésion entre les musidens est
exceptionnelle. empreinte dune impression de facilité. Enregistré en
public dans une petite salle, le son est excellent et si vous ne
connaissez pas encore FRENCH TV et si vous n'êtes pas rebuté par la
complexité et la musique progressive alarnbiqué, je vous recommande
chaudement ce disque.
----------------------------------PROG-RESISTE
FRENCH TV:"Intestinal Fortitude"
États-Unis - 1995
Pretentious Dinosaur - 71:03
Mike
Sary n'a certes pas réussi à tenir les
délais qu'il nous avais annoncés il y a un an
(cf. mon article du n°8). Pourtant, voir deux albums de French TV se
succéder à un an d'intervalle à peine,
c'est du jamais vu ! Rappelons cependant que Virtue In Futility
avait sommeillé pendant quatre ans dans les placards de Sary
avant de sortir : le désir de la bande de reprendre du
service était donc des plus légitime !
Nous ne nous en plaindrons pas, car
ce quatrième album marque une évolution qui va
tout à fait dans le sens des souhaits que j'avais
exprimés à la fin de mon article : en bref, French TV entre
désormais de plain-pied dans le cercle progressif,
délaissant ses excès (improvisations longuettes
et collages sonores) tout en conservant son originalité et
en adjoignant à celle-ci de multiples attraits nouveaux.
Cette nouveauté, c'est
évidemment en premier lieu l'apparition inattendue du chant,
dont Mike Sary espère qu'elle rendra la musique du groupe
plus accessible. Il y a ensuite le renfort très
remarqué d'instruments solistes jusqu'ici
inusités : la flûte et le violon. Avec tout cela,
on en oublierait presque de mentionner que le personnel de French TV s'est,
à la seule (et évidente) exception de son leader
et bassiste, totalement renouvelé.
Sans doute du fait de cette nouvelle
(mais fragile, comme nous le verrons plus loin) stabilité,
Sary semble avoir encouragé une démarche plus
collective : le guitariste Tony Hall compose ainsi deux titres (et
intervient brièvement au chant sans vraiment convaincre),
tandis que le batteur Bob Douglas en chante deux autres. Le
quatrième larron, John Robinson, se satisfait simplement de
la plus grande place laissée désormais aux
claviers dans la musique de French
TV.
La réussite d'Intestinal
Fortitude tient beaucoup à la simple
présence de toutes ces nouveautés. Il s'agit en
effet d'un vivier de créativité qui bouillonne de
souvent bonnes idées. Les six (de 8:57 de 14:43)
compositions - dont il faut néanmoins exclure la reprise du
"Pioneers Over C" de VDGG, que l'on peut également entendre
sur la compilation Eyewitness
- aux arrangements sophistiqués, jonglant avec
différents thèmes mélodiques, et
atmosphères, laissent aux différents intervenants
une liberté dont ils ne se gênent pas pour
profiter, à l'exemple de Peter Rhee, dont les deux
magnifiques solos de violon montrent une fois de plus combien French TV gagnerait
à intégrer à plein temps cet
instrument.
Techniquement parlant, vous l'aurez
compris, il semble que cette nouvelle incarnation du groupe doive
encore trouver complètement ses marques. Un certain manque
de cohésion, notamment au niveau de la section rythmique,
est en effet à déplorer, même si cette
impression est sans doute exagérée par une
production manquant singulièrement de relief. Le titre "No
Raven Tonight" (9:00), plus ancien que les autres et
enregistré avec une formation différente, montre
en tout cas que Sary et ses amis sont capables d'une
exécution parfaite à tous points de vue.
C'est réellement dans sa
capacité à donner vraiment vie, du point de vue
de la performance instrumentale comme de la mise en valeur sonore de
celle-ci, que French TV
pourra vraiment s'imposer comme une formation essentielle. Il n'en est
pas loin du tout avec ce quatrième album.
Aymeric LEROY/BIG BANG
FRENCH TV 1 (45'32, Pretentious Dinosaur, 1984, CD Re-issue 2000)
La carrière de FRENCH TV, formation américaine cultivant un
progressif atypique compte a ce jour 5 albums dont un live, et lorsque
vous saurez que son tout premier album (récemment réédité), dont il est
question ici date de 1984, vous tirerez la conclusion que ce ne fut pas
une formation particulièrement prolifique. Comment aurait-elle pu le
devenir, d'ailleurs en pratiquant une musique aussi iconoclaste que
celle distillée durant ce premier album à la couleur jazz-rock avec une
forte tendance pour l'expérimentation sonore. Parmi les musiciens, on
retrouve STEVE
ROBERTS sur divers claviers (Fender Rhodes, piano, Roland), MIKE SARY,
qui prendra progressivement le leadership du groupe à la basse, ARTIE
BRATTON aux guitares, FENNER CASTNER à la batteie. L'album est
également parsemé de soli de saxophone (JEFF JONES), et comporte
également parties de trompette, vibraphone et inclassable, un zeste
immature également mais teintée d'idées indéniablement intéressantes
qui seront développées plus tard, à partir du second album: AFTER A
LENGTHY SILENCE. Une évolution qui ménera au chef d'ceuvre THE VIOLENCE
OF AMATEURS, demière production en date du groupe. Bien entendu, dans
l'échelle des valeurs, ce premier album paraît aujourd'hui bien
immature, il présente un groupe encore en gestation, bouillonnant
d'idées mais pas toujours encore agencées et utilisées de man ère
optimum. Les moments inspirés côtoient quelques improvisations plus
dispensables ("Spill"). A l'arrivée, nous avons un premier album qui se
détache de la production américaine de son époque par son orientation
musicale résolument novatrice, mais qui manque encore de la
magnifique maturité qu'il parviendra à acquérir par la suite. Ce disque
est en conséquence à recommander plutôt aux inconditionnels du groupe,
et représente plus un beginning.
-----------------------------------------Highlands Magazine, Sept. 2001
FRENCH TV 1-(Pretentious Dinosaur Records)
( N'attendez pas dix ans pour découvrir cette formation vivante et
inspirée) , lisait-on dans Harmonie N° 7 en... 1988 ! Depuis, de l'eau
a coulé sous les ponts, avec notamment pluísieurs articles sur le
groupe, mais le cercle d'initiés à cette musique reste malheureusement
trop restreint5Donc, FRENCH TV, l'excellent groupe ricain de Mike SARY,
vient ENFIN de rééditer en version remasterisée son tout premier jet
discographique éponyme, toujours sur son label Pretentious Dinosaur
Records (sic) et sous la référence CD005. Ce disque, paru à l'origine
en mai 1984 en édition vinyle limitée à 500 exemplaires, nous présente
10 morceaux très différents du FTV que nous connaîtrons par la suite et
qui se "progressivera" (?) de plus en plus... On est ainsi en
territoire stylistique clairement jazz-rock-fusion, entièrement
instrumental, les éléments se rapprochant du progressif étant
principalement l'écriture, bien que souvent improvisée et les claviers
de Stephen ROBERTS, devenu depuis propriétaire du label ZNR (il se fend
d'ailleurs d'un historique très complet et intéressant sur le groupe
dans le livret). A l’époque, le groupe est donc composé de ROBERTS aux
claviers divers et trompette, Artie BRATTON aux guitares acoustiques et
électriques, Mike SARY à la basse et Fenner CASTNER à la batterie et
aux percussions. Un saxophoniste sur un titre (Jeff JONES) et un
violoncelliste sur un autre (Jon WEINER) viennent enrichir l'ensemble.
Deux types de compos différentes se partagent le disque : celles de
SARY sont les plus improvisées, souvent très jazz-rock et celles de
ROBERTS, plus écrites et se rapprochant beaucoup plus du progressif.
Seul "Spill" (10:44) est co-signé SARY/JONES. Ce morceau date de
l'époque ou le groupe, composé de ROBERTS, SARY et JONES, trio
orgue/sax, basse et batterie et officie sous le nom de FESTUNG AMERIKA
(Fortress America). Tout comme "No Charge (a free improv)", seul
morceau co-signé par les 4 noyaux-durs du groupe, il s'agit d'une
improvisation totalement jouissive. FRENCH TV, comme l'écrit justement
The Gibraltar Encyclopedia : "Seriously twisted music with a
not-so-serious attitude from the barons of the bizarre" , parfaite
définition, Mr SARY, isn't it ? L'album est disponible chez ZNR Records
(znr@aol.com) ou directement pour les anglophiles auprès de Mike SARY
(qui est un très chic type farci d'un humour dévastateur !!!)
-------------------------------- [TRAVERSES WEBSITE]
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